Comprendre le Jyotish
Glossaire de l’astrologie védique
Les termes que vous rencontrerez dans vos rapports, expliqués simplement — avec leur étymologie, parce que le sanskrit dit souvent tout dans le mot lui-même.
Le sanskrit est une langue à composition transparente : vargottama, c’est varga (division) + uttama (le plus haut), littéralement « la meilleure des divisions ». Chaque entrée donne donc le terme tel qu’il apparaît dans nos rapports, sa décomposition quand elle éclaire le sens, puis sa définition. Ce lexique est le même que celui qui clôt Le Phare Céleste et nos autres lectures.
A · B · C · D · G · H · J · K · L · M · N · P · R · S · T · U · V · Y
A
Arūḍha Lagna
ā-rūḍha (« monté, élevé ») — ce qui se dresse au-dessus de la réalité : le reflet
L’image que le monde a de vous. Là où le Lagna dit ce que vous êtes, l’Arūḍha Lagna dit ce que l’on perçoit de vous — votre réputation, votre image sociale. Il se calcule en reportant, depuis le seigneur du Lagna, la distance qui le sépare du Lagna. Quand les deux diffèrent, il y a un écart entre l’être et le paraître.
Aṣṭakavarga
aṣṭa (huit) + varga (division) — les huit sources de points
Un système de points qui mesure la force de chaque secteur du ciel. L’Aṣṭakavarga attribue des points à chaque signe selon la position des planètes : plus un signe en reçoit, plus le secteur de vie qu’il gouverne est soutenu. Le total, sur 337 points, permet de voir d’un coup d’œil où votre thème est le mieux pourvu — et où il demande plus d’effort.
Ātmakāraka
ātman (le soi) + kāraka (celui qui fait advenir)
La planète la plus avancée en degrés — « celle qui porte la leçon de l’âme ». Dans le système de Jaimini, la planète qui a parcouru le plus de degrés dans son signe devient l’Ātmakāraka : elle dit ce que la personne est venue apprendre. Quand l’Ātmakāraka de l’un est le Darakaraka de l’autre, les deux thèmes se répondent.
Ayanāṁśa
ayana (marche, course) + aṁśa (part) — « la part du déplacement »
L’écart entre le zodiaque des saisons et celui des étoiles réelles. Depuis l’Antiquité, l’axe terrestre a lentement décalé les saisons par rapport aux constellations — d’environ 24 degrés aujourd’hui. L’ayanāṁśa mesure cet écart. C’est lui qui explique que votre signe védique diffère souvent du signe occidental que vous connaissez.
B
Bénéfique / maléfique fonctionnel
du latin functio — la qualité vient de la fonction (seigneurie), non de la nature
Planète favorable ou défavorable pour cet ascendant précis. Une planète n’est pas bonne ou mauvaise en soi : elle le devient selon les maisons qu’elle gouverne depuis votre Lagna. Seigneur d’une trikoṇa (1, 5, 9), elle est bénéfique fonctionnelle et sa pierre est recommandée ; seigneur d’une duṣṭhāna (6, 8, 12), elle est maléfique fonctionnelle et on l’apaise (don, mantra) au lieu de la renforcer.
Bhāva · Maison
de bhū- (« être, devenir ») — l’état, le lieu où quelque chose advient
Les douze secteurs de la vie. Les douze maisons comptées depuis l’Ascendant, un signe entier chacune dans nos lectures (maisons de signe entier). Chacune gouverne un domaine : la 1 le corps, la 2 les ressources, la 7 le couple, la 10 la carrière…
C
Combustion (asta)
asta (« couché, disparu ») — la planète disparaît dans l’éclat du Soleil
Une planète trop proche du Soleil. Une planète située à quelques degrés du Soleil est dite combuste : la lumière solaire « brûle » une part de son expression propre. L’effet est graduel — combustion partielle, puis totale — et dépend de la planète.
D
Dāna · Vrata · Sevā
dā- (donner), vṛ- (choisir, vouer), sev- (servir) — donner, se vouer, servir
Le don, le vœu, le service. Trois remèdes sans pierre. Le dāna est un don rituel (aliments, métal, vêtements) fait le jour de la planète à apaiser ; le vrata un vœu d’austérité, souvent un jeûne ou un repas unique ; la sevā le service désintéressé. Ils pacifient les maléfiques fonctionnels et les nœuds, que l’on ne renforce jamais par une gemme.
Dārakāraka
dāra (l’épouse, le conjoint) + kāraka (celui qui fait advenir)
La planète qui représente le conjoint. Dans le système de Jaimini, la planète la moins avancée en degrés parmi les sept représente le partenaire de vie : son signe, sa maison et sa dignité décrivent le conjoint attendu et la manière dont on le rencontre.
Daśā
« état, condition, période » — l’état du ciel qui gouverne une tranche de vie
Les grandes périodes de vie, gouvernées chacune par une planète. Le système Vimśottarī découpe la vie en périodes (Mahādaśā) de 6 à 20 ans, chacune gouvernée par une planète, elles-mêmes subdivisées en sous-périodes (Antardaśā). C’est l’outil de timing du Jyotiṣa : il indique QUAND une tendance du thème se met à parler.
Daśā Phala
daśā (période, état) + phala (fruit) — « le fruit de la période »
Le fruit des périodes — la lecture de la vie année par année. Chaque période planétaire (daśā) porte ses fruits (phala) dans le domaine qu’elle gouverne. Lire le Daśā Phala, c’est suivre, année après année, la grande période et la sous-période en cours, les transits qui les colorent et la Muntha.
Devī · Pūjā
devī (« la lumineuse ») ; pūj- (« honorer »)
La Déesse et son culte. Devī est la Déesse sous toutes ses formes (Durgā, Kālī, Lakṣmī, Sarasvatī) ; la pūjā est le rite d’offrande — lampe, fleurs, mantra — qui s’adresse à une déité.
Dignité (uccha · sva · nīca)
uccha (haut), sva (soi, propre), nīca (bas) — la hauteur d’une planète dans son signe
La force d’une planète selon le signe qu’elle occupe. Chaque planète a un signe d’exaltation (uccha) où elle donne le meilleur d’elle-même, un domicile (sva-kṣetra) où elle est chez elle, et un signe de débilité (nīca) où son énergie se comprime. Entre les deux, les signes amis ou ennemis nuancent. La débilité n’annule pas la planète : elle la fait travailler autrement.
Dinacaryā · Abhyaṅga · Nasya
dina (jour) + caryā (conduite) ; abhi-añj- (oindre) ; nas- (nez)
La routine du jour. Dinacaryā est la routine quotidienne ayurvédique ; l’abhyaṅga, l’auto-massage à l’huile tiède ; le nasya, quelques gouttes d’huile dans les narines. Des gestes simples, à adapter avec un praticien.
Doṣa · Mangal Doṣa
de duṣ-, « être gâté, altéré » — un déséquilibre, non une faute
Un déséquilibre identifié sur un point précis, jamais une fatalité. Un doṣa signale une tension entre deux configurations. Ce n’est ni un verdict ni une fatalité : les traités prévoient des exceptions — les parihāra — qui l’annulent ou l’adoucissent selon le reste du thème. Le plus connu est le Mangal Doṣa (Mars en maisons 1, 2, 4, 7, 8 ou 12) : une personne qui le porte est dite « Manglik », et ce doṣa est presque toujours atténué ou annulé par d’autres facteurs.
Dṛṣṭi
de driś-, « voir » — le regard que la planète porte au loin
Le regard qu’une planète porte sur d’autres maisons que la sienne. Une planète n’agit pas seulement là où elle se trouve : elle « regarde » d’autres maisons à distance et y projette sa nature. Toutes regardent la 7e maison depuis leur position ; Mars y ajoute la 4e et la 8e, Jupiter la 5e et la 9e, Saturne la 3e et la 10e. C’est ainsi qu’un secteur sans planète peut malgré tout être fortement coloré.
Duṣṭhāna
duṣ (mauvais, difficile) + sthāna (place, position) — « la mauvaise place »
Les maisons d’épreuve 6, 8 et 12. Duṣṭhāna désigne les maisons 6, 8 et 12 — problèmes de santé et dettes, crises et transformations, pertes et isolement. Une planète qui y est placée ou qui les gouverne exprime ses dons par l’effort et l’épreuve plutôt que par la facilité.
G
Gochara
go (« vache, rayon ») + cara (« qui va ») — la marche des astres
Le transit. Le passage réel des planètes dans le ciel d’aujourd’hui, lu sur votre thème natal. Là où la daśā dit la saison, le gochara dit la météo ; la Sāḍhe Sātī en est le plus connu.
Graha
de la racine grah-, « saisir, prendre » — littéralement « ce qui saisit »
Les planètes de la tradition indienne. Graha désigne les planètes — littéralement « ce qui saisit ». Là où l’astrologie occidentale voit des astres, le Jyotiṣa voit des forces qui saisissent et colorent des pans entiers de l’existence.
Guṇa
« fil, brin, qualité » — les trois brins dont le réel est tissé
Les trois qualités fondamentales de toute chose. Sattva (clarté, équilibre), Rajas (mouvement, désir) et Tamas (inertie, densité) composent toute réalité en proportions variables. Chaque planète, chaque nakṣatra en porte une dominante.
H
Horā
de ahorātra (jour-et-nuit), racine du mot « heure » — la part du jour
Deux sens : la carte D-2 des ressources, et l’heure planétaire. Le mot désigne d’abord la Horā (D-2), division de chaque signe en deux moitiés, solaire et lunaire, qui lit la richesse — par l’effort (Soleil) ou par les liens (Lune). Il désigne aussi l’heure planétaire : chaque jour se divise en périodes gouvernées tour à tour par une planète, d’où « à l’hora de Mercure » pour activer une pierre.
J
Japa
de jap-, « murmurer » — la répétition murmurée d’un mantra
La répétition d’un mantra, généralement sur un mālā de 108 grains. Le japa est la répétition régulière d’un mantra, comptée sur un mālā de 108 grains. C’est la pratique de fond du Jyotiṣa : sa valeur tient à la régularité, non à l’intensité.
Jour julien
de Joseph Scaliger (1583), qui nomma ainsi sa période de 7 980 ans
Le compteur de jours des astronomes. Le nombre de jours écoulés depuis le 1er janvier 4713 av. J.-C. à midi, avec sa fraction : c’est ainsi que les éphémérides datent un instant sans calendrier ni fuseau. Celui de votre naissance figure dans votre rapport ; il garantit que tous les calculs partent du même instant.
K
Kāraka
de kri-, « faire, agir » — « celui qui fait advenir » un domaine
La planète « significatrice » d’un domaine de la vie. Un kāraka est la planète qui signifie naturellement un domaine : Vénus pour le conjoint, Jupiter pour la sagesse et les enfants, le Soleil pour le père. On lit un sujet en croisant sa maison et son kāraka.
Kārakāṁśa
kāraka (significateur) + aṁśa (part) — la part de l’âme
Le signe de l’Ātmakāraka dans la Navāṁśa. Le signe qu’occupe votre Ātmakāraka dans la carte de l’âme (D-9). Il indique le terrain où l’âme travaille sa leçon et se libère ; les planètes qui l’entourent désignent vos déités personnelles (Iṣṭa Devatā, Dharma Devatā).
Karaṇa
de kṛ- (« faire ») — l’instrument de l’action
La moitié d’un tithi. Le cinquième membre du Panchāṅga : chaque tithi se divise en deux karaṇa, onze figures qui reviennent en cycle et colorent l’action du moment.
Kemadruma Yoga · Bhaṅga
kema-druma (« arbre sans fruit ») ; bhaṅga (« brisure ») — l’annulation
La Lune sans voisins — et son annulation. Se forme quand aucune planète (hors Soleil et nœuds) n’entoure la Lune dans les signes voisins ; la tradition y lit une solitude du mental. Le bhaṅga (« rupture ») l’annule dès qu’une planète est conjointe à la Lune ou en angle depuis elle — le cas le plus fréquent.
Kendra
« centre, pivot » — les points cardinaux du thème
Les maisons angulaires 1, 4, 7 et 10 — les piliers du thème. Les quatre kendras sont les maisons les plus structurantes : le corps, le foyer, le lien, l’action publique. Une planète qui s’y trouve agit avec force et visibilité.
Krūra · Saumya
krūra (« rude, âpre ») ; saumya (« lunaire, doux »)
Les deux natures du D-60. Dans la Ṣaṣṭyaṁśa (D-60), chaque planète tombe dans une portion présidée par une déité de nature rude (krūra) ou douce (saumya). Ce n’est pas un jugement : une mémoire à transformer, ou une mémoire qui porte.
Kūṭa (koot)
« sommet, point culminant » — chacun des huit points comparés
L’un des huit accords comparés entre deux thèmes. Les huit Kūṭas sont les huit dimensions comparées lors d’un Ashtakūṭa Milan : chacune pèse un nombre de points différent, pour un total de 36. Elles vont de l’affinité spirituelle à la vitalité, en passant par le tempérament et la prospérité du foyer.
L
Lagna
de lag-, « s’attacher, adhérer » — le point où le ciel s’attache à la terre
L’Ascendant : le signe qui se levait à l’horizon Est à la naissance. Le Lagna, ou Ascendant, est le signe qui se levait à l’horizon Est à l’instant exact de la naissance. Il gouverne le corps, le tempérament et la façon dont on aborde le monde — c’est la porte d’entrée du thème.
M
Mahādaśā · Antardaśā
mahā (grand) + daśā (état) ; antar (intérieur) + daśā — la période et la période dans la période
La grande période et sa sous-période. Le cycle Vimśottarī découpe la vie en neuf grandes périodes (Mahādaśā, de 6 à 20 ans) gouvernées chacune par une planète. Chaque grande période se subdivise en neuf sous-périodes (Antardaśā), dans le même ordre. « Jupiter-Ketu » se lit : sous-période de Ketu dans la grande période de Jupiter.
Mantra
man (penser) + tra (instrument) — « l’instrument de la pensée »
Une formule sonore répétée, support de la pratique. Un mantra agit par le son autant que par le sens. Sa valeur tient à la régularité de la répétition, non à la performance : quelques minutes chaque jour valent mieux qu’une heure une fois.
Milan
de mil-, « se rencontrer, s’unir » — « la rencontre »
La comparaison de deux thèmes en vue d’une union. Le Milan — souvent appelé Aṣṭakūṭa Milan — compare huit dimensions entre deux thèmes, pour un total de 36 points. Il ne tranche pas : il signale les terrains d’accord et ceux qui demandent attention.
Mokṣa
de muc-, « délier, relâcher » — « la délivrance »
La libération — le quatrième et dernier but de l’existence. Mokṣa désigne l’affranchissement du cycle des renaissances. Dans un thème, les maisons 4, 8 et 12 en portent la trame : elles parlent de ce qui se dénoue, de ce qu’on lâche, de ce qui reste quand le reste tombe.
Mukhi
de mukha, « visage, face » — le nombre de faces de la graine
Le nombre de faces d’un rudrākṣa, qui détermine son usage. Chaque rudrākṣa porte des sillons naturels qui le divisent en faces — les mukhi. Un 4 mukhi n’a pas le même usage qu’un 6 mukhi : chaque nombre est associé à une planète et à une déité particulières.
Muntha
de l’arabe muntahā, « le point atteint »
Le signe que l’ascendant a « atteint » à l’âge considéré. Chaque année, la Muntha avance d’un signe à partir de l’ascendant natal : à 35 ans, elle revient dans la 12e maison. La maison où elle tombe et l’état de son seigneur colorent l’année, comme un ascendant progressé.
N
Nakṣatra
de na-kshatra, « qui ne se corrompt pas » — l’étoile permanente
L’une des 27 « maisons lunaires », division plus fine que le signe. Les 27 Nakṣatras divisent le ciel en maisons lunaires de 13°20′ chacune. Plus fins que les signes, ils affinent considérablement la lecture : deux personnes du même signe peuvent avoir des nakṣatras très différents.
Navāṁśa
nava (neuf) + aṁśa (part) — « la neuvième part »
La « carte de l’âme » : chaque signe divisé en neuf. La seconde carte du thème, obtenue en divisant chaque signe en neuf. Le thème de naissance montre ce qui vous arrive ; la Navāṁśa montre ce que vous en faites. On les lit ensemble : la première décrit les circonstances, la seconde ce qui mûrit à travers elles. La Navāṁśa ne contredit jamais le thème de naissance — elle le précise.
P
Pada
« pied, quart » — le quart d’un nakṣatra, comme un pied porte un quart du corps
Le quart d’un nakṣatra — une nuance encore plus fine. Chaque nakṣatra se divise en quatre padas de 3°20′. Le pada précise la coloration du nakṣatra, un peu comme une décimale ajoutée à un chiffre.
Pakṣa
« aile, côté, moitié » — l’une des deux ailes du mois
La quinzaine lunaire, croissante ou décroissante. Le mois lunaire se divise en deux pakṣas de quinze jours : Śukla (clair), de la nouvelle à la pleine lune, et Kṛṣṇa (sombre), de la pleine à la nouvelle. Naître dans l’un ou l’autre colore la dynamique de vie.
Pañcāṅga
pañca (cinq) + aṅga (membre) — « les cinq membres » du temps
La signature du moment en cinq membres. Le calendrier luni-solaire lit chaque instant à travers cinq membres : le tithi (jour lunaire), le vāra (jour de la semaine, qui commence au lever du soleil), le nakṣatra de la Lune, le yoga (angle Soleil-Lune) et le karaṇa (demi-tithi). Ensemble, ils qualifient l’heure de votre naissance.
Parihāra
pari (autour) + hara (enlever) — « écarter, ôter » le doṣa
Les exceptions classiques qui annulent ou adoucissent un doṣa. Les parihāra sont les exceptions prévues par les traités : si certaines conditions sont réunies dans les deux thèmes, un doṣa est considéré comme neutralisé. La plupart des calculateurs les ignorent et ne livrent qu’un score brut, sans nuance.
Prakṛti
pra (en avant) + kri (faire) — « ce qui est fait d’avance », la nature première
Votre constitution ayurvédique de naissance. La prakṛti est la constitution avec laquelle on naît, décrite par trois humeurs : Vāta (mouvement), Pitta (transformation), Kapha (structure). Elle oriente l’alimentation et l’hygiène de vie qui vous conviennent.
Prāṇāyāma
prāṇa (souffle vital) + āyāma (extension, maîtrise)
La respiration maîtrisée. Les exercices de souffle du yoga — respiration alternée (nāḍī śodhana), abeille (bhrāmarī), crâne brillant (kapālabhāti). Ils apaisent ou stimulent le mental selon la technique.
Puruṣārtha
puruṣa (l’être humain) + artha (but) — « les buts de l’être »
Les quatre buts de l’existence selon la tradition indienne. Dharma (le sens et le devoir), Artha (les moyens matériels), Kāma (le désir et le lien), Mokṣa (la libération). Toute vie les traverse ; un thème indique lequel appelle le plus votre attention à un moment donné.
R
Rāśi
« tas, amas » — un amas d’étoiles formant un signe
Le signe du zodiaque sidéral, celui où se trouve réellement l’astre. Rāśi désigne le signe du zodiaque. Le Jyotiṣa emploie le zodiaque sidéral, calé sur les étoiles réelles : c’est pourquoi votre signe védique diffère souvent du signe occidental, décalé d’environ 24 degrés.
Rudrākṣa
Rudra (le dieu) + akṣa (œil) — « l’œil de Rudra », né de ses larmes
Une graine sacrée, comptée par ses faces (mukhi). Le rudrākṣa est la graine d’un arbre sacré, portée en pendentif ou en mālā. On la compte par ses faces — les mukhi : un 4 mukhi n’a pas le même usage qu’un 6 mukhi, chaque nombre étant associé à une planète et à une déité.
S
Sādhana
de sādh-, « accomplir, mener à son terme » — le moyen d’accomplir
La pratique spirituelle personnelle, tournée vers une déité. La sādhana est la pratique personnelle. Elle n’est pas un remède correctif : c’est la voie dévotionnelle que votre thème favorise déjà, et vers laquelle l’élan vient plus naturellement.
Sāḍhe Sātī
sāḍhe sātī (hindi : « sept et demi ») — la durée du transit
Les sept ans et demi de Saturne sur votre Lune. Le passage de Saturne dans le signe précédant votre Lune natale, dans son signe, puis dans le signe suivant : environ sept ans et demi, tous les 27 à 30 ans. Une saison de maturation, de discipline et d’élagage — pas une punition.
Sarvāṣṭakavarga · Bhinnāṣṭakavarga
sarva (tout) / bhinna (séparé) + aṣṭakavarga — le total et le détail
Le total des points par signe, et le détail par planète. Dans l’Aṣṭakavarga, chaque planète attribue de 0 à 8 points à chaque signe : c’est le Bhinnāṣṭakavarga (BAV, « par planète »). La somme des sept planètes, signe par signe, donne le Sarvāṣṭakavarga (SAV, « total ») — 337 points au total ; 28 et plus marque un signe très soutenu, moins de 25 un signe qui demande un effort conscient.
Strī Jātaka
strī (femme) + jātaka (natal, « né ») — l’astrologie natale au féminin
Le chapitre des thèmes féminins. Section des traités classiques consacrée à la lecture d’un thème de femme : Jupiter y devient significateur du mari (Pati Kāraka), la Maison 8 se lit pour la longévité du conjoint, la solidité et la durée du lien conjugal ; la Lune et la Maison 5 pour la maternité. Nos rapports en retiennent la méthode, dans une lecture contemporaine et sans fatalisme.
T
Tithi
de tithi (« jour lunaire ») — la part du mois
Le jour lunaire. L’un des trente « jours » du mois lunaire, mesuré par l’écart entre la Lune et le Soleil (12° chacun). Le Panchāṅga en fait le premier membre du temps ; chaque tithi porte une qualité propre.
Trikoṇa
tri (trois) + koṇa (angle) — « le triangle »
Les maisons de fortune 1, 5 et 9 — le triangle du dharma. Les trikoṇas portent la chance, la créativité et le sens. La tradition les tient pour les plus bénéfiques du thème : une planète qui s’y trouve donne plus qu’elle ne prend.
U
Upāya
upa (auprès) + i (aller) — « le moyen d’approcher », la voie d’accès
Les remèdes : gestes concrets pour rééquilibrer une influence. Les upāya sont les remèdes du Jyotiṣa : mantra, don, jeûne, pierre, pratique. Ils ne « changent » pas le thème — ils proposent un geste conscient là où une influence demande de l’attention.
V
Vāra
de vāra (« tour, jour ») — le tour de chaque planète
Le jour de la semaine. Le jour planétaire, compté de lever du soleil à lever du soleil — une naissance avant l’aube appartient donc à la veille. Chaque jour est gouverné par une planète (lundi Lune, mardi Mars…).
Varga
« division, classe, groupe » — les cartes obtenues en divisant les signes
Les cartes dérivées, chacune éclairant un domaine précis. Une varga est une carte obtenue en divisant chaque signe. La D-9 divise par neuf, la D-10 par dix, et ainsi de suite. Chaque division met en lumière un domaine : la D-10 la carrière, la D-4 le foyer, la D-2 les ressources. On les lit en complément du thème de base, jamais à sa place.
Vargottama
varga (division) + uttama (le plus haut) — « la meilleure des divisions »
Une planète qui occupe le même signe dans le thème et dans la Navāṁśa. Vargottama signifie « la meilleure des divisions ». Une planète qui tombe dans le même signe en D-1 et en D-9 gagne en solidité : ce qu’elle promet en surface, elle le tient aussi en profondeur.
Varṣaphala
varṣa (année) + phala (fruit) — « le fruit de l’année »
La lecture d’une seule année sur le thème du retour solaire. Dans l’école Tājika, le Varṣaphala se lit sur le thème dressé au moment où le Soleil revient, chaque année, à sa position de naissance. Le Daśā Phala ne dresse pas de thème solaire : il lit chaque année depuis votre thème de naissance — daśā, transits, Muntha. Le Varṣaphala est une autre lecture, sur un an.
Vāta · Pitta · Kapha
vā- (souffler), tap- (chauffer), ślis- (adhérer) — le vent, le feu, la cohésion
Les trois humeurs ayurvédiques. Les trois principes qui composent toute constitution : Vāta (air, mouvement, sécheresse), Pitta (feu, transformation, chaleur), Kapha (eau et terre, structure, stabilité). Le thème en suggère la dominante ; seul un praticien la confirme.
Vimśottarī
viṁśa (vingt) + uttara (au-delà) — « cent-vingt », la durée du cycle
Le système de périodes le plus employé, sur un cycle de 120 ans. Vimśottarī répartit la vie en neuf grandes périodes dont la somme fait 120 ans — la durée de vie idéale selon la tradition. Le point de départ dépend du nakṣatra de la Lune à la naissance, ce qui rend le calendrier propre à chacun.
Y
Yoga
de yuj-, « joindre, atteler » — l’union de planètes qui produit un effet
Une combinaison planétaire reconnue, porteuse d’un effet nommé. Un yoga est une configuration que la tradition a identifiée et nommée — deux planètes dans une certaine relation, un seigneur bien placé. Chacun porte un effet propre, favorable ou exigeant, que d’autres facteurs du thème peuvent renforcer ou atténuer.
Yogakāraka
yoga (union, combinaison) + kāraka (celui qui fait advenir)
La planète la plus bénéfique d’un thème — maîtresse à la fois d’un angle et d’un trigone. Pour chaque Ascendant, une planète gouverne à la fois une maison angulaire (1, 4, 7, 10) et une maison de fortune (5, 9) : c’est le Yogakāraka, l’allié fonctionnel le plus fort. Saturne pour la Balance et le Taureau, Mars pour le Cancer et le Lion, Vénus pour le Capricorne et le Verseau.
Voir ces mots à l’œuvre dans votre ciel
L’aperçu gratuit calcule votre thème réel et vous le présente avec ces termes — chacun à sa place.